Samedi 31 Juillet 2010
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le réseau des organisations de la société civile d'Afrique centrale
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En Afrique centrale, en dépit de la signature d’un accord intérimaire par le Cameroun avec l’Union Européenne en février 2009 sur les Accords de Partenariat Economique, la région CEMAC reste dans l’expectative pour un accord complet dans l’esprit de la convention de Cotonou.

Contexte

L’accord de la capitale béninoise signé en 2000 entendait intégrer les pays ACP dans l’économie mondiale afin de mettre fin au système de préférences non réciproques liant les ACP et l’UE et contesté par les pays d’Amérique latine producteurs de bananes lors de l’Uruguay Round entre 1986 et 1993.

Mais depuis octobre 2003, date du lancement des négociations régionales, seule la région Caraïbes (Cariforum, octobre 2008) a signé et quelques Etats Africains. Les négociations en Afrique centrale sont en cours. Feutrées et peu médiatisées, elles n’en sont pas moins rudes.

Les enjeux sont en effet grands. La République centrafricaine, pays de l’Afrique centrale, est engagée elle aussi dans la négociation d’un accord régional entre la Cemac et Sao-Tomé & Principe, qui rendrait caduc l’APE intérimaire du Cameroun. L’un des nombreux points de mésintelligence entre les deux parties est le taux d’ouverture et de restriction des marchés des pays de la zone Cemac. La contreproposition de 71-29 pour cent faite par la Communauté Economique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale est rejetée par l’Union Européenne qui campe sur sa proposition initiale de 80-20 pour cent.
Si on y ajoute la non garantie de circulation des personnes dans le cadre de la libéralisation des services sous le mode 4 ou le refus de ressources additionnelles autres que les Fonds Européens de Développement (FED) dans le cadre des APE, il y a très loin de la coupe des bonnes intentions aux lèvres de la signature d’un accord qui soit unique pour la région, sans être inique pour les économies et les population de l’Afrique centrale.

Le Club APE Centrafrique

C’est dans ce contexte de blocage qu’est né le club Accords de Partenariats Economiques (Club APE) de Centrafrique. Après une campagne médiatique, le Réseau DAF Centrafrique, appuyé par deux cadres du Secrétariat Exécutif du réseau (Jacob Kotcho et François Bimogo), a formé des représentants d’organisations de la société civile centrafricaine aux fondements et enjeux des APE ainsi que la justification d’un Club APE.

Au deuxième et dernier jour de l’atelier de lancement, KOLI PASSE Timothée, Secrétaire Permanent du Comité de Suivi des Négociations APE et représentant de la ministre centrafricaine du commerce et de l’industrie et des petites et moyennes entreprises, a avoué sans ambages qu’ « il faut aider le Gouvernement à batailler pour les générations futures » en invitant la nouvelle équipe du Club à jouer son rôle dans le cadre de la reconstitution du Comité national APE, notamment ses groupes techniques. Une perche tendue dont ne manquera pas de profiter le bureau dirigé par Roddy Madouzekeko, assisté de Léa Ngaïdama, élus en même temps que les quatre autres membres du bureau lors de l’assemblée constitutive de la veille, le 5 novembre, assemblée au cours de laquelle le manifeste du club proposé par le Secrétariat permanent régional du réseau aura été amendé et adopté unanimement.

A l’amphithéâtre Comlan Quenum de l’université de Bangui, des dizaines d’étudiants et d’acteurs de la société ont assisté à une conférence publique de lancement du Club APE où leur ont été présentés des exposés sur les APE et le développement en Afrique centrale ainsi que le réseau DAF et le rôle du club dans la formulation, l’encadrement et l’organisation de propositions d’alternatives pertinentes dans le processus de négociation. Un débat fort engagé a suivi les présentations avec une assistance enthousiasmée.

Le Club APE RCA a sur ces entrefaites adressé une motion de soutien aux équipes techniques et dirigeants de la région « pour la lucidité dont ils ont fait preuve jusque là » sur la question des APE, tout en les exhortant « à ne signer l’accord que s’il y a un consensus sur les préoccupations de développement de la région d’Afrique Centrale ». Des résolutions ont également été adressées à la Cemac et à l’Union Européenne pour des APE qui soient au service des populations et de l’intégration régionale en Afrique centrale.

François Bimogo à Bangui

 Lundi 16 Novembre 2009

 

 

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